La cité fortifiée de Lo Manthang, Mustang, Nord du Népal : continuités et mutations d'un site unique dans le monde de culture tibétaine.

Ref.: 40
Domaine thématique: 01 Intégrité physique des paysages urbains historiques
Date de réception: 02/11/2008

AUTEURS (*Auteur principal)

KITAMURA, Maïe * (France) - Ecole d'architecture de Paris-Belleville

RÉSUMÉ

La petite cité de Lo Manthang est la capitale historique de l'ancienne principauté de Lo, région de langue et de culture tibétaine située aux confins du Népal et de la Chine. Ses habitants ont su maîtriser cette terre aride battue par les vents et ils y édifièrent au XVe siècle, en moins de cinquante ans, une cité fortifiée unique dans l'aire de culture tibétaine. Cette cité nous est parvenue pratiquement intacte plus de six siècles après sa fondation, lorsque le premier roi de Lo, un éleveur nomade, décida de fonder une ville et de s'y installer avec ses hommes et ses dieux. Prenant la terre comme élément primordial de l'architecture, les bâtisseurs de Lo ont modelé un paysage architectonique exceptionnel, témoignage d'un savoir-faire dans la lutte constante livrée par l'homme pour survivre dans un milieu extrême.

Lo Manthang abrite dans ses murs un palais et deux temples du XVe siècle, un monastère en activité, de nombreuses structures religieuses, chortens et murs à prières, et 145 maisons. Ce petit ensemble compact est le cadre de vie de plus de 800 personnes et plusieurs milliers d'animaux.

L'ensemble architectural de Lo est aujourd'hui menacé par de nombreux changements techniques, économiques et sociaux. Société traditionnellement agropastorale, la communauté Lopa a vu une nouvelle source de revenus et une économie de marché émerger à l'ouverture de ses frontières au tourisme en 1992. De nouvelles perspectives sont envisagées pour le développement de la ville et de son économie.

C'est dans ce contexte que s'inscrit cette présentation, s'appuyant sur une étude menée en 2005 des structures existantes qui constituent la ville de Lo, en particulier ses murs d'enceinte. En partant d'un objet particulier, l'étude vise à établir un diagnostic précis qui articule une approche de la ville historique avec la question de son devenir dans une société en mouvement.

Lors de cette étude, les religieux du Choede ont émis le désir de restaurer un petit temple abandonné à 5km de la capitale et d'y créer un centre de méditation pour les religieux et la communauté Lopa en général. Ce désir à fait naître un projet architectural qui pose la question du devenir des lieux sacrés et de leur survivance. Réinvestir le sacré dans l'espace signifie d'aller au- delà de la question de la restitution, et de ne pas se limiter à l'objet, mais de considérer les pratiques, leur évolution, ainsi que l'environnement physique, symbolique, social, lié à cet espace. La question d'insérer une architecture nouvelle dans un contexte traditionnel en changement prend alors tout son sens, et nous tenterons d'exposer les choix qui en ont découlé.

La question du rôle de l'architecte est au coeur du projet ; projeter un ermitage à Lo suppose de respecter la voie traditionnelle. Jusqu'à quel point ? Les nouveaux besoins des Lopa doivent être intégrés ; comment définir un équilibre entre apports nouveaux et conservation ?

BIBLIOGRAPHIE