Paysage urbain historique et patrimoinonialisation a Tunis : ambiguites des notions et complexite du sisteme d´actions

Ref.: 131
Domaine thématique: 02 Intégrité fonctionnelle des paysages urbains historiques
Date de réception: 03/11/2008

AUTEURS (*Auteur principal)

BEN SLIMANE, Moncef * (Tunisie) - Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme

RÉSUMÉ

A partir des années 60, le patrimoine mondial a connu un développement vertigineux tant du point de vue de l'extension typologique, de l'étalement géographique que de l'amplification de son public.
Cet intérêt de plus en plus prononçé pour la sauvegarde des bâtiments et tissus historiques, ne fut pas sans influence sur les différentes déclinaisons du concept de patrimoine au sein de théories, approches et méthodes utilisées dans les opérations de gestion et de préservation de l'héritage architectural et urbain.
Situer du point de vue épistémologique la notion de Paysage Urbain Historique (PUH) et identifier les nouveaux enjeux culturels, politiques et économiques qu'elle véhicule ; va faire l'objet de la première partie de cette communication.
Dans un second temps, nous nous intéresserons plus particulièrement au cas de la Tunisie où l'intérêt pour l'analyse et le traitement de la médina fut particulièrement précoce . Diagnostics d'experts ou d'universitaires relayés par des thérapies d'autorités publiques, d'associations ou d'ONG ont tenté depuis quatre décennies de mettre en valeur le patrimoine urbain de la capitale.
Dans ce cadre, il nous a semblé intéressant de présenter deux expériences tunisiennes originales qui s'inscrivent plus étroitement dans la problématique des PUH puisqu'elles concernent «un contexte territorial et paysager élargi et (vont) donc plus loin que les centres ou ensembles historiques( médinas) » d'une part, et représentent une volonté politique de « modernisation...( avec tous ses ) impacts sur l'identité de la ville et les modes de vie des communautés locales » , d'autre part.
La première opération concerne l'aménagement, dans le cadre de la politique du logement social, de "nouvelles médinas" à la périphérie de Tunis en optant pour des choix urbanistiques et architecturaux qui visent "la conciliation" de la tradition et de la modernité et l'intégration du patrimoine en tant que levier du développement économique et social.
La seconde opération d'aménagement démarre en 1999 et concerne le centre ville colonial de Tunis. Il s'agit du « Projet d'embellissement de l'avenue Habib Bourguiba » qui cherche à opérer une requalification du vieux centre moderne de la capitale. Ce fut la première fois qu'un projet d'aménagement déclenche un débat fort intéressant sur la légitimité et la nécessité de la patrimonialisation de l'architecture et du paysage urbain coloniaux considérés jusqu'alors comme exogène à l'identité culturelle nationale.
Nous tenterons en conclusion de montrer -à travers un bilan critique de ces deux opérations- que la gestion du PUH nécessite son insertion dans une approche plus globale de la gestion urbaine avec ce que cela implique d'identification des acteurs, de leurs prérogatives, des modes de gouvernance, des instruments et du cadre législatif et institutionnel adoptés.

NOTAS:
1, l'Association de Sauvegarde de la Médina fut créée en 1967 et Tunis est classé « ville du patrimoine mondial » par décision de l'UNESCO en 1979.
2, Cf. Présentation du 12ème Séminaire International Forum UNESCO.
3, Cf. Présentation du 12ème Séminaire International Forum UNESCO.

BIBLIOGRAPHIE